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Épisode 1 – Guérie et délivrée

Dannah Gresh: C’était des schémas de pensée et une vie  de confusion sexuelle qui ont conduit Laura Perry sur un chemin rempli de souffrances et de désillusions.

Laura Perry : Je me souviens m’être dit : La raison pour laquelle je ne suis jamais heureuse dans mes relations, la raison pour laquelle ça ne marche jamais, c’est que je suis censée être un homme ! Si j’étais un homme, je montrerais à la gent masculine comment les femmes doivent être traitées.

Depuis le jour où cette idée m’est venue, j’ai décidé que j’allais devenir un homme. J’ai changé du jour au lendemain. Tout ce que je me disais c’était que, j’étais un homme né dans un corps de femme.

Dannah : Vous écoutez Réveille nos coeurs. Je suis très heureuse de vous accueillir aujourd’hui dans ce podcast. Nous allons entendre l’incroyable histoire d’une femme que nous avons rencontrée récemment et nous allons découvrir comment l’Esprit de Dieu et la Parole de Dieu ont complètement transformé sa vie. Cette femme s’appelle Laura Perry.  Et je suis sûre que son témoignage va vous toucher. Nous avons voulu partager son histoire avec vous car le phénomène transgenre est un sujet actuel et très complexe. Si c’est un terme nouveau pour vous ou si vous ne savez pas vraiment ce que cela veut dire, transgenre est le mot utilisé pour décrire quelqu’un qui pense ou qui est convaincu que l’identité de son genre n’est pas la même que son sexe biologique.

En effet, c’est un sujet sensible, complexe auquel on est tous confrontés, d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre. C’est un sujet très actuel dans nos sociétés.

Alors si ce n’est pas un de vos sujets de conversation habituels, ça l’est certainement pour vos enfants. En tous cas, c’est un sujet qui est abordé dans les écoles. Ce n’est pas une « mode », c’est une philosophie, une manière de penser qui est enseignée dans les écoles.

Pour beaucoup de nos auditeurs et de nos auditrices, et peut-être aussi pour vous, c’est un sujet très personnel. Parce que c’est peut-être votre fils, votre fille, un ami ou un collègue, qui vient d’annoncer qu’il ou elle voulait transitionner, c’est-à-dire changer de sexe. Alors comment est-ce que ça se passe ? Et comment réagir face à un tel choix ?

Je pense que ce que nous allons entendre aujourd’hui est vraiment important parce-que ça nous montre qu’il y a de l’espoir pour le futur. D’ailleurs nous allons découvrir cet espoir dans la bouleversante histoire d’une personne qui a fait tout un cheminement par rapport à son identité. Mais avant d’écouter le témoignage de Laura Perry nous aimerions prier avec vous.

Oui nous avons beaucoup réfléchi à ça en préparant ces podcasts, et j’aimerais prier pour celles et ceux qui sont touchés par ce sujet et pour tous ceux qui ont besoin de retrouver leur chemin.

Peut-être qu’il s’agit de votre fils ou de votre fille ou de quelqu’un de proche et vous savez très bien à quel point c’est une situation difficile. Peut-être même que ça vous fait verser des larmes chaque nuit. Si c’est le cas, nous sommes très reconnaissantes que vous écoutiez ce podcast de Réveille nos cœurs, parce que vous allez être encouragés par le témoignage de Laura. Nous sommes convaincus que Dieu va s’en servir pour remplir vos cœurs d’amour, de foi alors qu’il est déjà en train de travailler dans la vie de la personne qui vous est proche et qui est concernée par ce sujet.

Seigneur, je te prie pour ça aujourd’hui. Il y a assurément quelqu’un qui nous écoute, peut-être une maman, une grand-mère, un papa, une soeur, un ami, un enseignant… quelqu’un dont le cœur est lourd en pensant à la personne aimée qui a du mal à trouver son chemin. Peut-être que cette personne est confrontée à des problèmes dans sa sexualité ou éprouve des difficultés dans l’expression de son genre. Seigneur, je te prie que tu offres ta grâce sur mesure à celles et ceux qui attendent que cette personne bien-aimée retrouve son chemin.

Peut-être que c’est cette personne-même qui nous écoute aussi aujourd’hui, alors je te prie que tu guides celles et ceux qui se sont perdus et que tu leur redonnes espoir par la puissance de ton Esprit-Saint. Je prie au nom de Jésus. Amen.

Nous laissons maintenant la parole à Laura Perry.

 

Laura : Je vais vous raconter mon histoire. Mais j’espère que ce que vous en retiendrez, c’est que ce n’est pas moi qui ai retrouvé mon chemin, ce ne sont pas non plus mes parents qui m’ont amenée sur ce chemin. Non, je vais simplement vous raconter comment le Seigneur m’a guérie, m’a remise sur pieds. Je vais vous raconter comment il m’a sauvée.

Je vais commencer par une anecdote embarrassante qui s’est passée dans mon enfance. Je suis de nature plutôt timide et à l’école maternelle, on avait créé une petite pièce de théâtre basée sur des comptines pour enfants. J’étais la dernière à obtenir un rôle. Donc, je me suis retrouvée dans le rôle d’un œuf qui est assis sur un mur, puis qui tombe et qui se retrouve par terre avec sa coquille toute cassée. Je n’avais même pas de texte à réciter, je devais juste être assise sur le muret et quand la comptine était récitée, je devais me laisser tomber par terre et craquer ma coquille !

Pour moi, cette expérience est devenue un peu l’illustration de ma vie. La comptine disait : « Petit oeuf assis sur un mur, petit oeuf se casse la figure, tous les chevaux et les soldats du roi n’ont pas pu remettre l’œuf à l’endroit. » Et ça résumait un peu tout ce que j’avais vécu mais j’ai fini par apprendre que le Roi avec un R majuscule, lui, il pouvait me remettre à l’endroit !

Il a réparé en moi ce qui avait été fêlé et brisé, et je suis fascinée de voir ce qu’il a fait en moi ! À l’âge de vingt cinq ans, quand j’ai voulu changer de genre, je vous aurais dit que j’étais née comme ça, que j’avais toujours été comme ça et qu’il n’y avait aucun facteur extérieur qui avait influencé mon ressenti.

Nous sommes tous nés avec une nature entachée par le péché. Nous sommes tous nés avec des désirs qui sont contre-nature, mais j’ai aussi appris qu’il y a beaucoup de choses qui influencent notre ressenti. Qu’on le réalise ou non, nos expériences ont un impact sur nous.

Mais la plupart du temps, quand on adopte cette idéologie, on se convainc que c’est notre identité, qu’on est comme ça par nature alors ce n’est plus une décision. On n’a pas le choix.

En repensant à tout ça, j’ai bien conscience que la relation avec ma mère a été difficile, mais je ne lui en veux pas. Je sais qu’aucun parent n’est parfait.

En fait, Dieu était le parent parfait et pourtant, ses enfants Adam et Eve se sont rebellés dans le jardin d’Eden. Il n’y avait ni guerre ni maladie ni rien de tout ce qui peut être abîmé. Et pourtant, ils se sont quand même rebellés contre ce que Dieu a dit.

Mais d’un autre côté, comme je le dis parfois aux parents que je rencontre : « Nous sommes tous des pécheurs qui devons éduquer d’autres pécheurs. » Nous avons tous nos problèmes, nos carences. Ma pauvre maman, comme elle vous le racontera, était devenue assez légaliste.

De toutes ses forces elle essayait de faire plaisir à Dieu en en faisant autant que possible au cours d’une journée. C’est un peu comme si elle était sur un tapis roulant et qu’elle essayait de courir aussi vite que possible pour Dieu sans jamais arriver quelque part.

Elle agissait un peu de la même manière avec moi. Elle faisait des tas de choses pour moi, mais au fond, elle n’avait pas vraiment envie de m’avoir auprès d’elle. Elle me disait toujours : « va-t’en laisse-moi tranquille ! Va jouer ailleurs ! » C’est des mots que j’ai beaucoup entendus.

Et du coup, j’étais très proche de mon père et de mon frère. Je passais beaucoup de temps avec eux. Et dans ma tête d’enfant, les choses sont devenues un peu confuses. Aujourd’hui, avec du recul, je comprends que ma mère m’aimait, elle m’aimait beaucoup, mais à l’époque, je n’arrivais pas à ressentir son amour.

Encore une fois, je pense que c’est ce que l’ennemi veut nous faire croire. Et quand on choisit de croire ses mensonges, on considère la vie entière à travers ces filtres-là. Alors, à chaque nouvelle expérience je me disais : « Tu vois bien, elle ne t’aime pas ! Elle aurait vraiment préféré que tu sois un garçon ! » Pour toutes sortes de raisons, ma mère était beaucoup plus proche de mon frère.

C’était surtout une question de personnalité, je pense. Mais ma mère avait également perdu deux garçons en faisant deux fausses couches entre mon frère et moi. Je pense qu’elle avait du mal à faire le deuil de ces deux garçons. Elle aurait voulu les avoir. Et au cours de mon enfance, j’ai commencé à croire que Maman aurait voulu que je sois l’un de ces garçons au lieu d’être une fille.

Alors j’ai commencé à m’identifier à lui. Je rêvais d’être un garçon. J’écrivais des histoires où j’étais un garçon. Quand j’étais enfant, je n’avais jamais entendu parler de transgenre. Je ne savais pas qu’on pouvait changer de sexe. Mais je m’échappais dans ce monde imaginaire. Puis, au cours des années, ça a pris de plus en plus de place dans ma vie.

A l’âge de quatorze ans, on m’a annoncé que j’avais des polypes sur les ovaires, des kystes. C’était très douloureux. Et par dessus le marché, on m’a annoncé que je ne pourrais probablement jamais avoir d’enfant.

J’étais très en colère contre Dieu. Je me disais : Si Dieu a fait que je sois une fille alors que je ne veux pas être fille et que ma mère me déteste (du moins c’est comme ça que je le vivais) et qu’en plus, mon corps de fille (dont je ne veux pas) ne fonctionne même pas, me fait souffrir constamment, et avec lequel je ne pourrai jamais avoir d’enfant…. Si Dieu m’a faite comme ça exprès, alors Dieu est une ordure !

J’ai commencé à voir Dieu comme un être cruel et distant qui n’en avait rien à faire de moi. Je l’imaginais assis au fond de son siège en train de ricaner.

A quinze ans, j’ai abandonné ma foi. J’ai dit à Dieu que jamais je ne le servirai. Je voulais être l’inverse d’un chrétien…  Quoi que cela veuille dire. J’avais entendu parler de Jésus toute mon enfance, mais je n’avais aucune idée de qui était Dieu.

J’ai rencontré des tas de gens qui avaient été baptisés et qui avaient fait leur profession de foi quand ils étaient enfants mais qui, en fait, ne connaissaient absolument pas Jésus-Christ. C’était exactement le cas pour moi.

Peut-être que certains d’entre vous sont dans le même cas de figure. Vous avez été baptisé, vous avez dit une prière mais ça n’a jamais vraiment été réel. Si vous êtes dans ce cas, je voudrais vous encourager. Il y a une grande différence entre une croyance intellectuelle et mettre vraiment sa foi et sa confiance en Christ.

Je n’avais aucune idée de qui était Christ, donc je n’avais jamais ressenti son amour. Je n’avais jamais ressenti sa paix. Je ne l’avais jamais vu à l’oeuvre dans ma vie. En fait, c’est un miracle que je ne me sois pas retrouvée dans une secte satanique. Je pense que je n’en étais pas loin mais Dieu, dans sa grâce, m’a préservée de ça.

Ma vie était très ténébreuse. Je faisais beaucoup la fête, et j’étais très libertine. J’essayais de guérir mes blessures par les autres. Je me disais que si j’arrivais à me faire aimer de tel ou tel homme, je me sentirais mieux.  Je ne voulais pas entendre parler des femmes.

Il y a une chose que les gens ne comprennent pas vraiment. Tous les transgenres ne sont pas forcément attirés par des personnes du même sexe biologique. En fait, un grand pourcentage est attiré par le sexe opposé à leur sexe biologique. C’était mon cas. À cette époque, je ne voulais pas de relations avec des femmes.

Avant de commencer ma vie transgenre, j’étais devenue très libertine. Et mon coeur était plein de blessures. J’étais prête à tout donner à n’importe quel homme. Mais plus je me donnais, plus les hommes me traitaient comme si j’étais moins que rien.

Je n’avais pas compris combien en tant que femme et en tant qu’homme, nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Je n’avais pas compris qu’il y avait quelque chose de sacré dans l’engagement du mariage. Je me donnais à corps perdu et on me traitait comme un mouchoir jetable.

Je suis devenue accro à la pornographie tout en essayant tant bien que mal de trouver des relations qui me combleraient. Et ce besoin d’être aimée m’a entrainée de plus en plus bas. Jusqu’à ce que je me retrouve dans une relation horrible.

J’étais partie avec un homme pour une sorte de week-end romantique. Et tout est devenu très compliqué. Ce gars était alcoolique et les choses commençaient à très mal tourner. Et je me souviens m’être dit : la raison pour laquelle je ne suis jamais heureuse dans mes relations, la raison pour laquelle ça ne marche jamais, c’est que je suis censée être un homme ! Si j’étais un homme, je montrerais à la gent masculine comment les femmes doivent être traitées.

Ce n’est pas toujours le cas car il y a d’innombrables raisons pour lesquelles les gens deviennent transgenres, mais parfois, il y a ce désir d’être ce qu’on aurait voulu que les autres soient pour nous.

Je voulais désespérément trouver un homme qui me traiterait avec respect et amour et qui me désirerait sincèrement. Et parce que je ne n’arrivais pas à trouver quelqu’un comme ça, j’ai décidé de devenir cette personne, bien qu’à ce moment-là, ce n’était pas quelque chose de conscient.

Depuis le jour où cette idée m’est venue, j’ai décidé que j’allais devenir un homme. J’ai changé du jour au lendemain. Tout ce que je me disais, c’était que j’étais un homme né dans un corps de femme. Et je me suis jetée corps et âme dans ce mensonge.

J’ai commencé à participer à des groupes de parole. La première fois que j’y ai participé, on m’a demandé de me présenter. Dès les premières cinq minutes, tout le monde m’a dit : 

 « C’est sûr ! Tu es transgenre ! » Moi, j’étais inquiète parce que je pensais ne jamais pouvoir ressembler à un homme.

Je n’oublierai jamais le leader du groupe (qui était lui-même transgenre et qui avait intérêt à ce que d’autres se considèrent aussi transgenres.) Je n’oublierai jamais quand il m’a dit : « Ne t’inquiète pas ! En prenant des hormones, d’ici un an, personne ne pourra dire que tu as été une femme. »

Voilà ce que je voulais entendre depuis si longtemps. Parce que c’était douloureux d’être une femme. Je voulais échapper à ça plus que tout au monde. En fait, je n’avais pas envie d’être ouvertement transgenre, je voulais être un homme et que personne sur la terre ne sache que j’avais été une femme.

Bien sûr, les gens de ma famille savaient que j’étais une femme, mais je leur avais demandé de m’appeler Jack ou Jacob. J’avais fait changer mon nom légalement. Je leur avais demandé d’utiliser des pronoms masculins pour s’adresser à moi et je leur criais dessus s’ils ne le faisaient pas. J’ai tout essayé pour le leur faire accepter.

Le message que je veux faire passer à travers tout ça, c’est que le diable nous ment. Je pense qu’on le sait tous, mais on l’oublie trop souvent. Mes parents et moi avons cru beaucoup de mensonges qu’il nous murmurait à l’oreille.

Certains de ses mensonges avaient leurs racines dans nos propres peurs, nos manières de voir les choses. Mes parents me disaient tout le temps : « Tu es remplie de haine ! » Et moi, je leur répétais à longueur de journée : « Mais vous êtes des parents horribles ! Quel genre de chrétiens vous êtes ? »

On a vécu comme ça pendant neuf ans. Mais c’est le soir de mon coming out que je me suis sentie vraiment aimée. Ils n’ont pas été parfaits ce soir-là, ils ont fait beaucoup d’erreurs. Mais je me suis sentie aimée bien plus que quand ils dépensaient une fortune pour moi. D’ailleurs, ils n’auraient probablement pas dû parce que tout cet argent, je le gaspillais.

Mais le soir de mon coming out, je me suis sentie aimée. Il y a eu beaucoup de larmes et de cris, mais malgré tout, j’ai senti, ce soir-là, qu’ils m’aimaient trop pour se plier à toutes mes demandes.

Ils étaient en sanglots, ils me suppliaient, ils pleuraient en disant : « On va chercher de l’aide. Laisse-nous t’aider. On va aller voir un psychologue ». Ils ne voulaient pas accepter ce qui se passait. Je me rappelle m’être dit : « J’aurais préféré qu’ils m’aiment moins, ce serait plus facile de faire ce que je veux ! »

Je ne voulais pas avoir de l’aide parce que j’étais persuadée que ma décision était la bonne. Je ne voulais pas être une femme. Être femme c’était la cause de mes souffrances. Alors, pendant un moment, j’ai coupé les ponts avec mes parents. Il y avait des hauts et des bas. Je ne leur parlais pas pendant un long moment, puis je reprenais un peu contact.

Je manquais un anniversaire ou une fête mais au bout d’un moment, ça me travaillait. Je sentais la culpabilité monter en moi. Alors, je leur passais un coup de fil ou alors on allait manger un soir ensemble de temps en temps.

Le Seigneur avait gardé cette porte ouverte, même si nos relations n’étaient pas très bonnes. Je voulais les voir le moins possible, mais, au fond de moi, j’espérais quand-même avoir de bonnes relations avec eux, être en paix. Malheureusement, à cette époque, nos relations étaient vraiment dysfonctionnelles.

Je me suis mise à vivre une double vie. Avec tout le monde, j’étais devenue un homme, sauf avec mes parents.

J’ai coupé tous les ponts avec mes amis. Je changeais de travail très souvent. Et plus je m’éloignais de mes anciennes connaissances, plus je pouvais vivre en tant qu’homme. Finalement, il n’y avait plus que mon partenaire et ma famille qui savaient que j’étais trans. J’ai pris des hormones pendant presque neuf ans et j’ai légalement changé de nom et de sexe.

En 2009, je suis allée à San Francisco pour subir une double mastectomie en ambulatoire. Je n’oublierai jamais ce moment décisif. C’était un peu comme l’apogée de ma vie, le moment que j’avais attendu si longtemps pour m’affirmer en tant qu’homme. J’étais enfin un homme.

En y repensant, je sais que des gens ont prié pour moi parce c’était comme si tout ce que je faisais pour changer de style de vie, le Seigneur l’utilisait pour me rapprocher de lui. Quelques jours avant l’intervention, une de mes tantes m’avait écrit un email.

Plus tard, elle m’a dit qu’elle savait que ce message allait probablement me mettre en colère et que j’allais certainement couper les ponts avec elle mais elle s’est sentie poussée par le Seigneur pour me l’envoyer tout de même. En gros, elle disait : « Laura, s’il te plait, ne fais pas ça. Tu es belle, tu es trompée par des mensonges. Ne fais pas cette intervention chirurgicale ! »

Ça m’a vraiment mise en colère. Je ne lui ai plus parlé pendant trois ans, mais je peux vous dire que son message a eu sur moi un profond impact. Une fois allongée sur la table d’opération, j’ai regardé les lignes violettes que le chirurgien avait tracées sur mon buste, là où il allait couper et je me suis posée la question : et si elle avait raison ? Et si j’étais en train de me donner au diable ? Et si je me réveillais en enfer ! Je savais que toute opération comporte un risque. J’avais une amie infirmière qui m’avait dit qu’une anesthésie, c’est une sorte d’état entre le coma et la mort. Elle m’avait dit ça peu avant l’intervention.

Alors, je me suis mise à pleurer. C’était que quelques larmes sur mes joues mais au fond de moi, j’étais terrifiée. Et pour la première fois depuis des années, je me suis mise à prier. C’était la première fois depuis très longtemps que je reconnaissais l’existence de Dieu. J’ai dit :  « Dieu, je sais que ce n’est pas ta volonté, mais il faut que je le fasse. Je suis homme. S’il te plaît, épargne ma vie. »

Et Dieu m’a répondu. J’étais super contente quand je me suis réveillée. J’étais vraiment soulagée. J’ai sincèrement cru que j’aurais pu me réveiller en enfer, mais j’étais vraiment convaincue que ma décision était la bonne, alors j’étais prête à prendre le risque.  Je croyais sincèrement que je n’avais pas d’autre solution que de transitionner.

Une fois réveillée, j’ai vite oublié Dieu, j’ai vite oublié ma prière. Je suis retournée à mes habitudes. Je croyais que j’allais trouver la liberté ultime avec ma nouvelle identité. Mais Dieu ne m’avait pas oubliée et il n’avait pas oublié ma prière.

Quelques semaines plus tard, j’avais repris mon travail. A cette époque, j’avais une patronne qui était lesbienne et qui était très impliquée dans le mouvement LGBT. Elle m’avait aidée à préparer mon voyage à la clinique, elle me soutenait vraiment dans mes démarches. J’avais été élue employée du mois. Elle m’adorait.

Mais un jour, quelques semaines après l’opération, elle est venue me voir un et elle m’a dit : « Je ne sais pas ce qui t’arrive mais tu es complètement déprimée. Tu te traines. Tu n’as aucune motivation et tu ne travailles plus. Je ne sais pas ce qui se passe mais je veux retrouver l’ancien Jack ! »

Elle m’a complètement pris de court. Je ne comprenais pas de quoi elle parlait. Je n’avais jamais été aussi heureuse de toute ma vie. Je ne l’ai pas écoutée et je me disais que j’étais encore en convalescence et que tout allait bien. Mais en rentrant le soir, j’étais en colère et je me suis dit : mais qu’est-ce qu’elle a vu en moi que je ne réalise pas ?

Et j’ai vu ça chez beaucoup de personnes qui se définissent comme transgenres : Elles se disent heureuses mais en réalité, les évidences montrent qu’elles souffrent de dépression. J’ai commencé à réaliser qu’en effet, j’étais en dépression. J’essayais de me convaincre que tout allait bien, mais je réalisais petit à petit que mon opération n’avait pas fait de moi un homme.

Je me sentais tellement stupide. Je me disais : « Comment j’ai pu croire que couper un bout de mon corps allait faire de moi un homme… ? » Je me rappelle avoir regardé mon permis de conduire et mon certificat de naissance qui stipulaient désormais que j’étais un homme. Mais je connaissais la vérité. Je savais que rien n’avait changé à part le fait que je n’avais plus de poitrine.

Je me suis dit qu’avec une année de plus de traitement hormonal, ça allait marcher, il fallait juste un peu plus de temps. Pourtant, après une année supplémentaire avec des hormones, j’ai dû me rendre à l’évidence, je n’étais toujours pas un homme. Mon problème n’était toujours pas résolu. La dysphorie de genre ne s’améliorait pas. En fait, elle empirait parce que tout le monde croyait que j’étais un homme mais au fond de moi, je sentais que je vivais un mensonge.

Je me suis dit que tout ça, ça ne marchait pas car j’avais encore mes organes féminins et qu’une fois ces organes enlevés, alors, tout irait bien. Sans hormones féminines, je serai un homme. Alors, en 2012, je me suis fait enlever tous mes organes féminins. Mais ça n’a pas résolu non plus mon problème. J’étais au fond du trou quand j’ai réalisé que, ça non plus, ça n’avait pas marché.

J’ai commencé à envisager une dernière opération, l’opération que j’avais espérée depuis longtemps, qui s’appelle « chirurgie de réattribution sexuelle ». En fait, on devrait plutôt l’appeler « mutilation génitale ». Personne ne m’avait dit combien cette opération est traumatisante et mutilante, je n’avais pas été prévenue des dommages qu’elle cause.

Ces opérations – que je ne peux même pas décrire comme ça, – sont des choses qu’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi. Surtout pour les femmes, c’est très artificiel. De plus, il y a des complications très sérieuses.

J’ai vu sur Youtube une vidéo d’une fille qui avait subit 31 opérations pour essayer de rectifier ce qui avait mal tourné. Elle est loin d’être la seule. En plus de tout ça, on a de grands risques de perdre toutes sensations sur le plan sexuel. J’étais désespérée… Je me disais :« Qu’est-ce que je vais faire ? »

J’avais déjà parcouru la moitié du chemin pour changer complètement de genre. Qu’est-ce que j’allais faire ? Personne ne m’avait expliqué ce qui m’attendait Je n’avais même pas réalisé que je ne pourrais jamais être père. Je n’avais pas pensé à l’aspect biologique. J’étais totalement perdue, dévastée.

Je me sentais comme entre deux créatures. Je commençais à comprendre que je ne pourrai jamais être un homme, mais je ne voulais pas être une femme. Pour moi, la vie ne pourrait jamais s’améliorer. J’était complètement déprimée. Sans mon partenaire, j’aurais mis fin à mes jours.

Certaines personnes font peur aux parents en leur disant : « Si vous ne laissez pas votre enfant transitionner, il va se suicider. » La vérité, c’est que les études montrent que le taux de suicide est le même – certaines études disent un peu moins, certaines un peu plus – mais globalement, le taux de suicide reste très élevé après les opérations chirurgicales. Parce que, très rapidement les gens réalisent ce que j’ai moi aussi réalisé.

Ç’est arrivé à des milliers de gens. Je ne suis pas la seule. Il y a des milliers de gens qui regrettent d’avoir changé de sexe. Le conférencier américain Walt Heyer a fait naître un mouvement qui s’appelle « sex change regret ». (Les gens qui regrettent leur changement de sexe). Je crois qu’il y a des milliers et des milliers de gens qui ont visité son site. Des milliers de gens regrettent leur choix, mais on n’entend jamais parler de leur histoire.

Je ne savais pas tout ça à l’époque. Cependant, Dieu a travaillé en moi pendant des années. J’étais de plus en plus ouverte à l’idée de Dieu, mais je ne voulais pas être chrétienne. Malgré tout mon cœur s’ouvrait petit à petit. 

Un jour, ma mère m’a demandé de lui faire un site internet pour ses études bibliques. J’avais très peu de contact avec mes parents à ce moment-là. Encore une fois, je veux insister sur le fait que mon histoire n’est pas celle de la manière dont ma mère a résolu mon problème. La vérité, c’est que toute ma vie, elle a essayé de résoudre mon problème sans succès et là, pour une fois, elle me contactait sans essayer de me changer !

Depuis le soir où j’avais fait mon coming-out, sa vie à elle, avait pris un nouveau tournant. Elle avait offert sa vie à Dieu d’une manière toute nouvelle pour qu’il puisse agir dans son cœur. Alors, au fur et à mesure que je construisais le site internet que ma mère m’avait commandé, j’ai commencé à lire les études bibliques. Et en lisant, pour la première fois de ma vie, j’ai commencé à découvrir le caractère et le cœur de Dieu.

J’ai découvert Dieu comme jamais auparavant. J’ai appelé ma mère pour lui poser des questions. Et tout à coup je me suis rendue compte qu’elle avait changé ! Je lui ai demandé ce qu’il lui était arrivé et elle a commencé à me raconter sa transformation.

À ce moment-là, j’ai compris que l’Évangile était vrai. J’ai vu que Jésus-Christ était vivant parce que je pouvais voir sa puissance transformatrice dans la vie de ma mère. En rentrant à la maison ce soir-là, j’ai confessé mes péchés. Je ne croyais pas vraiment que Dieu allait me sauver. Je me disais que j’étais allée trop loin, que j’étais trop mauvaise.

Mais j’ai quand même essayé de prier et j’ai persévéré pendant plusieurs jours. Dieu est intervenu dans ma vie d’une façon radicale. J’ai appris à lui faire confiance.

J’ai été transformée. Je savais que je ne serais plus jamais la même. Tout a été bouleversé quand j’ai donné mon coeur à Christ. Il m’a transformée de fond en comble et je me sentais une nouvelle personne.

Je me rappelle avoir lu le verset 17 de la deuxième lettre aux corinthiens chapitre 5 : « Si quelqu’un est en christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, voici toutes choses sont devenues nouvelles. » J’étais une personne toute neuve !  

Mais je ne savais pas comment réagir face à mon identité transgenre. J’ai dit à Dieu : « Je comprends que ce n’était pas ton idée, mais je ne sais pas quoi faire maintenant. Je suis un peu coincée, j’ai eu toutes ces opérations et depuis, légalement, je suis homme. » En plus, j’avais de la barbe et tout le monde me connaissait en tant qu’homme.

Alors j’ai continué à remettre la question à plus tard. Je l’évitais, mais Dieu me la remettait sur le coeur régulièrement. C’est marrant parce que on a tendance à prendre deux ou trois versets pour défendre nos idées et souvent, c’est même carrément tiré par les cheveux, mais quand le Saint-Esprit a quelque chose à nous dire, alors chaque verset de la Bible nous parle.

La lettre aux romains, au premier chapitre, dit que, soit on adore le créateur, soit on adore ses créatures sous une forme ou une autre. Dieu m’a franchement posé la question : « Tu veux avoir l’identité que JE t’ai donnée ou tu veux avoir l’identité que TU t’es donnée ? » L’identité que je m’étais créée n’avait pas vraiment apporté le bonheur.

Du coup, Dieu m’a convaincue. Mais pendant deux mois, j’ai prié pour qu’il me laisse mourir. Il me semblait que c’était la meilleure solution. Je me voyais au fond d’un puits et il me semblait que c’était impossible de remonter. Je voyais bien une lumière tout là-haut mais je ne savais pas comment l’atteindre.

J’étais démoralisée. J’ai crié : « Seigneur, il n’y a pas de solution à mon problème ! ». Je me suis rappelée de ce qui était écrit dans l’Évangile de Matthieu au chapitre 16 et aux versets 24 à 26 :

« Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? Ou, que donnerait un homme en échange de son âme ? » LSG 1910 

Je savais que Dieu m’encourageait à tout laisser derrière moi mais je ne voulais pas, je ne savais pas quoi faire. Je voyais ma vie comme un tas de cendres. J’ai fini par dire : « Seigneur, si tu peux faire quelque chose de ma vie, je te la donne. »

J’ai imaginé Jésus se mettre à genoux, se pencher au dessus de mon puits et me tendre la main en me posant une question : « Tu me fais confiance ? »

J’ai répondu, un peu hésitante…. « Ok ». Et j’ai tout laissé derrière moi, mon style de vie, mon travail, mon partenaire, mon identité. Tout ce qui m’avait été familier pendant plus de dix ans, je l’ai laissé pour suivre Jésus. Le premier jour, j’ai cru mourir, j’étais en deuil. Je n’avais jamais fait quelque chose d’aussi difficile de toute ma vie.

Mais Dieu a commencé à me guérir et à me libérer en me montrant qui j’étais vraiment. Il a fait un travail incroyable dans mon coeur. J’étais enfin libérée ! Je me souviens m’être dit : je n’aurais jamais imaginé qu’un jour ça serait possible.

Je n’avais aucune idée de la liberté que j’allais trouver en Dieu. Aujourd’hui, je n’ai pas du tout envie de retourner en arrière. Je suis guérie, libérée. Tout ça c’est l’œuvre de Christ qui m’a appris tant de choses et qui m’a ouvert les yeux à sa parole.

J’aimerais encourager toutes les personnes qui se sentent découragées aujourd’hui. Avec les deux premiers versets du chapitre 12 de la lettre aux Romains 

« Je vous invite donc, frères et sœurs, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. … soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. »  

Et Le Psaume 107 : 20 c’est un verset qui résume ma vie : « Il envoya sa parole et les guérit, il les fit échapper de la fosse. » Ce sont les mots de Dieu qui m’ont guérie et délivrée. Et je peux vous promettre que la vraie liberté existe et qu’on la trouve en se donnant complètement à Jésus.

Parfois, ça peut prendre plusieurs années avant de pouvoir pleinement ressentir cette guérison. Mais je peux vous dire que la vraie liberté se trouve vraiment en Christ. Merci, merci de m’avoir écoutée.

 

Nancy : Il est vraiment impressionnant ce témoignage de Laura Perry, j’ai vraiment été touchée. Quelle formidable histoire de guérison et de délivrance. Dieu a vraiment agi dans la vie de Laura. Et grâce à ses expériences et à tout ce qu’elle a traversé, Laura est solidement équipée pour aider celles et ceux qui font face à ces mêmes défis. Et je ne parle pas uniquement des gens qui sont confrontés au transgenrisme, dans leur vie ou dans leur famille, mais je crois que chacune, chacun d’entre nous peut bénéficier de son expérience. Et tous nous pouvons être enrichis en voyant comment la grâce et la sagesse de Dieu sont utiles dans ce domaine qui d’une façon ou d’une autre nous concerne tous. 

Dans le prochain podcast, nous allons rencontrer la mère de Laura, Francine Perry. Elle nous racontera son côté de l’histoire et ce qu’elle a ressenti quand Laura lui a annoncé qu’elle voulait transitionner pour devenir Jake. On va aussi découvrir comment Dieu a travaillé le coeur de Francine pendant ces neuf longues années.

Je suis convaincue que le témoignage de Francine va beaucoup encourager toutes celles et tous ceux qui ont un être cher qui s’est éloigné. Mais que ce soit votre cas ou non, je pense que vous allez être touché par l’histoire de Francine et par la grâce de Dieu dans sa vie. 

Et je me réjouis de vous retrouver pour la suite alors de cette histoire de vie. À tout bientôt pour le prochain podcast de Réveille nos cœurs.

 

Tous les extraits de la Bible sont tirés de la version Segond 21.

Segond 21 © 2007 Société Biblique de Genève

 

Réveille Nos Cœurs est le ministère francophone de Revive Our Hearts, initiative de Life Action Ministries avec Nancy DeMoss Wolgemuth. Avec les voix de Christine Reymond et Jeannette Kossmann.

Le témoignage est lu par Marie Léchot.

Quelle que soit la saison de votre vie, Réveille nos cœurs vous encourage à trouver la liberté, la plénitude et à porter du fruit en Christ. 

 

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