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La dépression sur le pas de ma porte

Même les yeux bandés, elle arrive à trouver ma porte. Elle a ses habitudes, elle saisit l’occasion d’une maladie physique qui dure, d’un stress prolongé, ou d’une perte difficile à accepter. Elle arrive toujours au plus mauvais moment et s’introduit chez moi comme si la maison lui appartenait. « Elle », c’est cette visite indésirable et redoutée : Dépression.

J’ai derrière moi vingt-cinq ans de démêlés avec Dépression, mais même si ce n’est pas votre cas, vous l’avez certainement trouvée sur le pas de votre porte cette année dernière, qui a apporté dans notre monde assez de réalités déstabilisantes pour qu’elle vienne frapper à notre porte à chacun.

Alors, si vous-même ou un de ceux que vous aimez avez senti l’obscurité de sa présence vous envahir, j’aimerais apporter aujourd’hui à votre cœur quelques paroles d’encouragement. Je partage ci-dessous quelques-unes des manières dont j’ai géré la présence perturbante de Dépression – et rencontré chemin faisant l’époustouflante bonté de Dieu.

Quand Dépression frappe à la porte, je me répète quatre choses :

  1. Ne sois pas dure envers tes faiblesses.

Dans le passé, quand Dépression montrait son nez, je me sentais effrayée, honteuse d’y être prédisposée, et même coupable de ne pas être capable d’en sortir aussitôt. Mais avec le temps, j’ai appris à connaître la douceur du cœur de Jésus envers moi et ma faiblesse, et cela m’a enseigné à prendre dans mes bras ma fragilité humaine et à dire :

« Bon, nous y voilà de nouveau. Vu les circonstances, rien d’étonnant à ce que je me sente déprimée. Je sais que Jésus est avec moi, et que cette obscurité ne durera pas toujours. »

Dans de nombreux psaumes, David évoque la manière dont il accepte sa faiblesse. En voici un exemple :

Quand mon esprit est abattu,
toi tu connais par quel chemin je passe.
(Psaume 142 :3)

Et Thomas Watson l’exprime de cette manière :

Comment un chrétien peut-il, malgré sa faiblesse, non seulement supporter l’affliction, mais y rester joyeux ? Il est soutenu par les bras du Tout-Puissant. « C’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement. » (2 Corinthiens 12 :9)

Tout ce qui met en évidence notre besoin de Dieu et nous dépouille de notre arrogante confiance en nous-mêmes est une grâce. Lorsque nous sommes faibles, nous expérimentons d’autant plus la puissance de Christ en nous, et c’est un cadeau inestimable. Maintenant, au lieu de me braquer au premier signe de dépression, j’accueille avec douceur ma fragilité comme l’un des moyens les plus sûrs d’expérimenter davantage Jésus.

  1. Garde un cœur reconnaissant

Lors d’un épisode de dépression, j’ai tendance à nourrir des pensées sombres et lugubres. Les circonstances difficiles qui m’ont poussée à la dépression essaient maintenant de m’abreuver de leur amertume, et avant que je m’en rende compte, tout dans ma vie prend un air abominable.

Là encore, les Psaumes expriment magnifiquement de quelle façon on peut revenir d’un état de négativité toxique à la paix et à la joie. Les psalmistes étaient incroyablement réalistes et directs quant à leur amertume, à leur douleur, mais ils savaient comment ne pas y rester bloqués : ils remerciaient Dieu au milieu de l’obscurité, et leur attitude de louange envers Dieu transformait leurs cœurs. Regardez dans le Psaume 71 comment cela fonctionne :

Mon Dieu, délivre-moi des criminels,
des gens iniques et violents.
Ô Seigneur Éternel, sur toi je compte…

Quand diminuent mes forces, ne m’abandonne pas !
Mes ennemis discourent contre moi,
ceux qui m’épient, ensemble se concertent…

Mais moi, sans cesse, je serai plein d’espoir.
De plus en plus, je veux chanter ta gloire…

Ta justice, ô Dieu, est immense,
car tu as fait des choses merveilleuses !
Qui donc, ô Dieu, serait semblable à toi ?
Tu nous as fait passer par des détresses et des malheurs sans nombre.
Tu nous feras revivre
et, du fond des abîmes, tu me retireras…

Je pousserai des cris de joie, je chanterai en ton honneur
de tout mon être, car tu m’as délivré.
Je redirai sans cesse que tu es juste.

Le psalmiste était opprimé par ses ennemis, ses forces déclinaient, il était passé par « des détresses et des malheurs sans nombre » – mais il comptait sur Dieu, il le louait (« de plus en plus » !), il rappelait les grandes choses que Dieu avait faites pour lui. Son cœur était plein de reconnaissance, et, au lieu de ruminer sa rancœur ou de se plaindre, il « poussait des cris de joie ».

  1. Reste en contact avec ton entourage.

Lorsque je suis déprimée, j’ai tendance à éviter le contact avec les personnes dont j’ai le plus besoin. Comme je suis mentalement et émotionnellement vidée, la simple pensée de faire l’effort d’entretenir des relations significatives m’épuise. Mais c’est précisément ce dont j’ai besoin. Alors j’ai appris, quel que soit l’état dans lequel je me trouve, à rester proche de quelques amis et membres de ma famille – et en particulier à maintenir ma relation avec mon fils et mon mari, qui sont une telle source de force pour moi. Je n’y parviens pas toujours parfaitement, il m’arrive certains jours de me replier sur moi-même et d’être inaccessible, mais mon but est de maintenir une relation avec un cercle restreint d’amis et de membres de ma famille tout au long de ma période d’obscurité.

Et permettez-moi d’ajouter rapidement une évidence : avec les périodes de confinement et la distanciation physique, rester en relation a été plus difficile que jamais. Zoom et les autres outils de visio-conférence sont très utiles, mais ce sont de pauvres substituts à un contact réel. Entretenir une relation demande beaucoup plus d’effort et est beaucoup moins gratifiant qu’avant le confinement. Mais les dangers de l’isolement sont réels, et l’effort en vaut donc toujours la peine. Comme l’apôtre Paul aussi bien que le roi David en ont témoigné, la famille de Dieu est notre joie, et nous ne pouvons pas nous en passer !

Je suis plein d’affection pour tous ceux qui sont saints dans le pays :
ce sont eux qui sont vraiment grands.
(Psaume 16 :3)

« Oui, c’est vous qui êtes notre gloire et notre joie ! » (2 Thessaloniciens 2 :22)

Ma capacité à rester résiliente et joyeuse durant la dépression dépend largement de ma connexion avec ceux-là mêmes qui m’apportent la plus grande joie.

  1. Continue de t’approcher de Dieu.

La dépression a tendance à étouffer mon désir de prier et de lire la Bible. Des passages de la Bible qui d’ordinaire font chanter mon cœur tombent à plat, et mes prières résonnent creux. Je n’expérimente pas la présence de Dieu de la même façon. Quelquefois, il me semble être à des milliers de kilomètres de lui !

Il m’est arrivé dans le passé de laisser cet engourdissement installer une distance entre moi et Celui que j’aime. Mais au fil des années, j’ai pris la résolution de ne pas laisser la dépression m’éloigner de Jésus – mais au contraire de la laisser m’enseigner comment rester assise en sa présence et l’attendre patiemment. J’ouvre sa Parole, je lui dis ce que je ressens. Je persévère à venir devant lui et à écouter. Je ne suis peut-être pas capable de faire une étude biblique inductive intense, mais l’habitude quotidienne de simplement prier au travers d’un psaume ou de me plonger dans un livre court, comme celui d’Amos ou l’épître aux Philippiens, me conduit à entrer de nouveau dans la joie du Seigneur. Le psalmiste a magnifiquement décrit cette expérience :

Mon âme est attachée à la poussière ;
Fais-moi vivre selon ta Parole !
Je raconte mes voies, et tu me réponds.
(Psaume 119 :25-26)

De progrès en progrès

Il fut un temps où les visites de Dépression me terrifiaient et me submergeaient, mais j’en suis venue à les considérer comme un canal de bénédiction. Dieu a utilisé sa présence dans ma vie pour faire grandir en moi une affection particulière pour la faiblesse, une reconnaissance plus profonde, un amour persévérant pour mon entourage, et la résolution de continuer à m’approcher de Dieu. C’est de tout mon cœur que je dis avec le psalmiste :

Heureux les hommes dont la force est en toi !
Ils ont dans leur cœur des chemins tout tracés.
Lorsqu’ils traversent la vallée du Baka,
Ils en font une oasis,
Et la pluie la couvre aussi de sa bénédiction.
Leur vigueur ne cesse de croître,
Ils se présenteront devant Dieu à Sion.

(Psaume 84 :6-8)

Note de l’auteur : Mon expérience de la dépression ne prétend pas être autre chose qu’une expérience personnelle. Et ces lignes ne veulent ni offrir une solution qui marche à tous les coups, ni se substituer aux soins médicaux ou psychologiques professionnels. Chacun de nous est construit d’une manière complexe et unique, et Dieu est avec nous dans cette complexité. Et il nous donne la sagesse pour prendre soin au mieux de nos âmes et de nos corps. Amen ?

Toutes les citations de la Bible sont tirées de la Bible du Semeur, révision 2015.

Article écrit par Colleen Chao.

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